Bien-être psychologique

Psycho et Lecture : Voyage au fond de soi

4 juin 2017

   

Vous m’excuserez pour la photo, mais j’ai pas réalisé une seconde que les titres des livres étaient à l’envers. Imperfections…

En naturopathie, nous travaillons en première intension sur trois axes : l’alimentation, l’exercice physique et respiratoire et l’équilibre psycho-émotionnel. Incontournables. C’est de là que tout commence.

L’un imbrique le second, le suivant interfère sur l’autre, le premier alimente le dernier, le troisième conditionne l’un, et ainsi de suite. Un joyeux bazar me direz-vous? Et pourtant, on répond bien à des besoins fondamentaux : manger, boire, dormir, respirer, se sécuriser, se socialiser, s’aimer pour pouvoir se réaliser. Vous comprendrez donc qu’une hygiène de vie optimale sera l’image d’un juste équilibre de ces trois contextes. Notre job de naturo est de chercher où peuvent se loger les déséquilibres (que vous ne voyez pas… ou plus ) et vous aider à trouver votre propre consensus. D’un individu à l’autre, les besoins ne sont pas forcément les mêmes, et cette symbiose évolue constamment tout au long de la vie.

Donc aujourd’hui, je propose des lectures échos. Y’aura pas écrit naturo de partout, ni développement personnel à proprement parlé. Il s’agit d’illustrations concrètes de trois auteurs dont les personnages, réels ou fictifs, se baladent au fin fond de ce qu’ils sont. Ces livres sont excellemment bons et divertissants, selon moi évidemment. Je les propose d’abord pour cela. Parce que disons le bien, c’est cool de prendre du temps à lire de bons livres.

Ces lectures ont aussi pour but de vous amener à réfléchir sur vous-même, à vous interroger sur votre vie, tout le long du récit.

Mais voilà, certains me diront, mais quel est l’intérêt de vouloir remuer la mouscaille? Réfléchir à soi, comme ça, tout le temps, sur des questions trop existentielles qui servent à rien.

Oui, hein, pourquoi?

Et ben parce que ça vaut le coup, non d’une pipe à eau! Vous connaissez cette image du dossier pourri qu’on planque dans le dernier tiroir du bural? Celui, qui vous pète à la tronche comme une bombe à retardement, tôt ou tard. Et pan! Et hop, hop, hop, allons-y gaiement qu’on se tape de l’eczéma, des zonas, des insomnies, des burn-out, des cancers et j’en passe et des plus chiants. Sans causer de la corollaire médocs : antidépresseur, anti-anxiolytique, anti-prurit, anti-histaminique, anti-moustique, anti-nuit-blanche, anti-vie.

Tiens, vous me rappellerez de vous parler des transferts morbides un de ses quatre, ça va vous plaire. Et vous pouvez manger bio, équilibré, et faire de la médiation tant que vous voulez, jouer au yogi, faire des kilomètres de running, y’a pas à tortiller, si vous êtes dans l’évitement, ça merdera à un moment.

Vous commencez à me connaître maintenant. Et pour ceux, qui me découvrent, je ne le redirai jamais assez : frottez-vous à vos émotions, piquez-vous à vous-même, regardez les drames et défiez-les. Quitte à chialer, tomber, hurler ou tout simplement les murir tranquillement sans que cela ne soit dévastateur. Accueillir le mauvais et en faire du bien. Le chemin en vaut la chandelle. Ne foutez rien sous le tapis, ça fait des bosses, et ça crée des accidents et des maladies. N’attendez pas d’être hyper mal pour espérer ensuite vous dépatouiller de vos angoisses le plus vite possible.

Sur les trois prochains livres, on va parler de retour à soi, et d’observation de soi. Intérioriser, comprendre, se questionner, se comprendre.

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

J’ai toujours adoré cet auteur, qui pour moi incarne une forme de liberté et d’audace que je n’aurai jamais le courage de vivre. Cela ne génère aucune souffrance chez moi, mais j’aime à penser que je devrai en faire autant… Sylvain Tesson est un écrivain, un penseur philosophe de la liberté, un vivant du nomadisme. Une partie de son travail est issue de ses voyages au travers le Monde. « Une nuit à coucher dehors » reste un de mes favoris, et notamment en son second chapitre, que tous mes amis véganes aimeraient surement lire.

En août 2014, Sylvain Tesson fait une chute mortelle de près de huit mètres de haut, depuis un toit, où il était monté. Tout invincible et volontaire qu’il est, il est aujourd’hui de nouveau sur pied, avec quelques séquelles. Durant son combat hospitalier, il se fait le serment de reconquérir ses forces intérieures par les mêmes habitudes, qui lui sont familières : la marche et la solitude. Sa convalescence un peu déprimante, le décès d’une maman encore dans la tête, il part sur les chemins noirs de France, depuis le Mercantour à la pointe du Cotentin. 3 mois, à l’automne, à pinces et sac à dos.

Les chemins noirs, ce sont les tous petits tracés de mouche répertoriés par le gouvernement dans un rapport sur l’hyper-ruralité. Je conseille d’ailleurs ce livre à tous, car la prise de conscience sur le visage de notre territoire y est poignant de vérités. Ceux qui aiment la nature apprécieront aussi. Et même si on démarre de ce constat de changement territorial catastrophique de la France, il n’en demeure pas moins une analogie avec le corps de cet écrivain « cassé » et d’autres chemins noirs de son âme.

Doucement, on s’enfonce dans un cheminement tranquille, solitaire et long, comme pour se refaire des étapes, ne pas se fuir, réfléchir sur soi et le sens du monde, à sa place, à ce que l’on attend.

La plume est magique et les mots admirablement bien choisis comme toujours avec Sylvain Tesson. Se dissimuler sur des chemins de traverses certes, mais pour mieux récupérer et réfléchir. On est dans la construction.

Pourvu que vous lisiez ce livre et que vous y fassiez la même analogie avec vos propres chemins noirs et considériez tranquillement les zones d’ombre qui se cachent en vous. Il s’avale en un rien de temps en plus.

Éloge de la faiblesse de Alexandre Jollien

Pour beaucoup, ça ne sera pas une découverte. Pour moi, il l’a été récemment.

Au début du billet, j’ai dit qu’il ne serait pas question de développement personnel stricto sensu ou du memento du bonheur immédiat et parfait. Petit 1 : Tirez la langue. Petit 2 : Mordez-vous. Petit 3 : Évaluez votre douleur. Je blague gentiment évidemment.

Mais tout de même, ce livre, primé par l’Académie française, ouvre une idée sur les chemins d’accès au bonheur. Mais avant toute chose, il en ressort qu’avoir la force de regarder ses « présupposés » faiblesses nous emmène bien vers une forme de sagesse apaisante.

Alexandre Jollien est un philosophe attachant, que j’aime profondément écouter pour ma part. J’ai du regarder toutes les vidéos disponibles sur le net où il intervient. Je l’avais un peu rencontré l’année dernière dans un livre prêté par une amie, intitulé « Trois amis en quête de sagesse » de Jollien, Matthieu Ricard et Christophe André.

Dans ce pamphlet, Jollien revient sur les 17 années qu’il a passé en tant que patient dans un centre pour handicapé moteur cérébral. Son approche n’est autre qu’une vraie observation de soi, un itinéraire intérieur qu’il met en vie au travers d’une conversation intéressée entre Socrate et lui.

Et quoi? Au lieu de s’apitoyer par des jérémiades, il pose la question de ce qu’est une faiblesse, dès lors qu’on la transforme en force. Au travers de son expérience personnelle, il propose de s’élever à la sagesse et au positif en montrant comment dépasser ses faiblesses et pour se faire, se pencher sur elles au lieu de les ignorer. Tourner en tout sens une pensée, une idée, un présupposé, une projection semble avoir servi à transformer en positif ce qui ressemblait à une situation plus que pas cool, si vous voyez ce que je veux dire. #phrasehorriblealirejenconviens

Encore une fois, ce livre démontre que brasser le fond, parfois en étant juste dans l’acceptation et l’observation, vaut mieux que tout foutre en boule dans un coin et s’asseoir sur sa souffrance.

De la même façon, ce livre se dévore d’une traite. Il vaut d’ailleurs la peine d’être lu par deux fois pour revenir sur ce qui nous interpelle. Quand on pense être accablé du pire et au bout du rouleau… Ajoutez-le à votre pile à lire de l’été à venir.

Trente-six chandelles de Marie-Sabine Roger

Marie-Sabine Roger…  Des personnages touchants, des émotions de toute ordre, de l’humour, un vocabulaire imagé, du mimétisme avec nos vies à nous…. Je ne suis jamais déçue. Peut-être la connaissez-vous sans l’avoir lu, au travers des films issus de ses écrits : « La tête en friche », avec la monumentale Gisèle Casadesus et Depardieu ou « Bon rétablissement« , interprêté par un Gérard Lanvin redoutable en patient associable.

C’est simple. Dans ce roman, nous sommes le 15 février, et Mortimer Décime, alors qu’il devrait fêter ses 36 ans, s’est allongé dans son lit et attend sa mort programmé pour 11 heures. Pourquoi? Parce que tous les hommes de sa famille paternelle sont décédés le jour de leur 36ème anniversaire, à 11h.

36 chandelles, c’est l’histoire d’un homme, qui s’apprête à rater sa vie sur une histoire de mémoire cellulaire. Sur une histoire de croyance généalogique du drame. Mais évidemment, cela ne se passe pas comme prévu, et Mortimer se voit contraint d’aller secouer le fond des choses et des acquis pour se donner une chance. Un travail, qu’il aurait pu faire au préalable, mais qu’il a laissé de côté se croyant condamné.

Encore une fois, c’est l’image de l’itinéraire intérieur. Un voyage vers les profondeurs de soi. Ce roman est à conseiller à tout ceux, qui s’imaginent déjà foutus à cause de l’héritage des maux. Pour les orphelins ayant peur de devenir père, pour les enfants d’alcooliques, pour les femmes dont les mamans et grand-mères ont eu un cancer du sein. Au travers de cette histoire très rigolote, rafraichissante et pleine de rebondissements, vous pouvez comprendre que rien n’est inscrit et que tout est à construire. Encore faut-il regarder ces propres peurs et affronter ce que l’on craint…

J’adore cette idée que vous puissiez prendre conscience qu’il y a des choses à régler dans votre vie pour ne pas vous empêcher d’accéder à la sérénité tout en vous payant une bonne tranche d’humour, car ce livre en est truffé.

Acquérez-le. Vous ne serez pas déçus.

Sur ce, je vous laisse vous regarder le nombril un moment, parce que c’est salvateur et indispensable.

Ne vous ignorez pas

Prenez soin de vous.

Delphine

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