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Livres cools, hygge et minimalistes – BDL#2

1 février 2017

Hygge et Minimalisme

Il n’y a pas si longtemps, j’ai entendu parler de la nouvelle tendance des français à prendre soin de leur intérieur.

Les français ont envie d’être bien chez eux…..????!!!! Et c’est parfait.

Les manies, les tendances, les modes… Moi je remarque juste la nouvelle marotte qu’ont pris certains journaux télévisés à mettre en exergue les nouvelles modes des français en nous faisant croire que c’est de la grande information. La mode du véganisme. La mode des séries. La mode du sucre complet. La mode de la mode. La mode du doigt où je pense ou celle des cors au pieds, de tout et n’importe quoi. Oui, ben moi aussi parfois, je fais des sarcasmes. Heureusement que France Culture existe.

Et puis quoi, il y a des traditions ancestrales bien pourries, donc BRAVO aux modes des bonnes ondes.

Donc, je vais vous parler de deux concepts qui, s’ils n’ont pas encore été chopés par Pujadas, sont de plus en plus plébiscités. Il s’agit du MINIMALISME et du HYGGE danois. Pour le premier, je ne trouve pas que cela soit si novateur que cela. Je me rappelle de Mies van der Rohe et son « Less is more » des années 40, que j’ai étudié en histoire de l’Art, y’a déjà 20 ans. Quant au Hygge, il me semble que le Danemark n’est pas né hier…

Enfin toujours est-il que grâce à ces deux livres particulièrement bons, j’ai envie de vous donner d’autres sources d’inspiration afin d’apprivoiser encore plus votre intérieur. Des petits bonheurs de livres #BDL, histoire que votre Home Sweet Home soit le plus bel endroit de la Terre.

L'art du Minimalisme de Elodie-Joy Jaubert

Cafetière manuelle, écologique, sans dosette ROK

1 – L’art du Minimalisme de Elodie-Joy Jaubert

Bon oui, je sais, je lis lentement. J’ai acheté ce bouquin le 7 octobre, jour de sa sortie et j’en parle 4 mois plus tard. En même temps, j’aime prendre mon temps lorsqu’il s’agit d’inspiration et de développement personnel, afin de m’en imprégner et d’en user dans mon quotidien.

Et c’est avec une vraie attention prolixe que j’ai découvert et apprécié « L’art du Minimalisme » d‘Elodie-Joy Jaubert. Je me permets d’abord de présenter cette illustratrice attachante, forte d’un mode de pensée que je trouve extrêmement analytique et réfléchi. Pour le coup, son approche du minimalisme résulte d’une énorme analyse du principe et est non infléchi par une tendance.

Élodie est la rédactrice du blog Sirène Bio. Ce blog a pour vocation de sensibiliser et inspirer sur des sujets bien-être, grâce au naturel, au bio, à l’écologie, à la zénitude et donc au minimalisme. Élodie entretient aussi, de manière très assidue, sa chaine Youtube, sur laquelle elle met en image et en audio son mode de vie, avec la volonté de gagner en bien-être au quotidien. C’est une belle femme posée dont les vidéos dégagent de la sérénité. C’est donc très enthousiaste que je me suis procurée son livre.

Le minimalisme, je le regardais comme une bête curieuse depuis quelques temps. Aller au plus simple, voilà ce que j’en savais. Cependant, j’avais du mal à le confondre. J’avais évoqué ici « L’art de la simplicité » de Dominique Loreau, avec qui j’ai connu des difficultés. Avec du recul, je pense que son livre est très bien, mais que je n’étais pas encore dans une dynamique de nettoyage par l’intérieur comme maintenant. Est-ce un hasard si cela se présente aujourd’hui? Je ne pense pas. D’ailleurs, il se peut que la lecture de « L’art du Minimalisme » ne vous parle pas immédiatement. Il faudra que le concept se décante. Ou alors, il percutera de suite et vous comprendrez que c’est peut-être la grille de lecture qui manquait à votre bien-mieux.

L'art du minimalisme - Elodie-Joy Jaubert

La plume d’Elodie-Joy est limpide. Ce livre peut se lire très vite, bien que je n’en voie pas l’intérêt, car le minimalisme demande de la pratique. Son auteure va au plus clair, sans ambages, sans métaphores floues. Elle explique très clairement l’essentiel et je la trouve parfois incisive. Elle tape dans ce qui fait mal et notamment pour les fausses excuses.  Et c’est une qualité, car à un moment donné, il faut arrêter de tourner autour du pot et agir. Nous sommes remplis de mauvaises excuses pour tout, tout le temps.

Mais quid de cette influence « Less is more »? Si vous me lisez pour la première fois, vous devez savoir que plus je grandis, plus je cultive la simplicité et des petits bonheurs, y compris ceux de l’impalpable. Ce besoin m’a littéralement pris à la gorge au moment de mon divorce. Je vivais dans un contexte où l’opulence et l’abondance étaient nécessaires pour asseoir sa réussite sociale. Et puis le divorce a voulu que je perde énormément de biens matériels. Je suis repartie de presque zéro et cela a profité à un premier désencombrement dans ma vie. Je me suis aperçue que j’avais moins de choses et que je m’en sortais mieux. J’ai réalisé que mes proches m’appréciaient toujours.

Petit à petit, j’ai compris que la valeur de l’Homme ne s’arrête pas à ses possessions, mais bien à sa manière d’être dans le Monde. Cependant, j’ai continué à consommer : maquillage, chaussures, sacs à mains, parfums, vêtements, etc…. J’y ai pris du plaisir, c’est un fait. Je croyais me sentir vivante.

La valeur de l’Homme ne s’arrête pas à ses possessions, mais bien à sa manière d’être dans le Monde

Depuis 2 ans maintenant, ma vie change et je suis doucement entrée en guerre contre la société de consommation : plus de produits animaux, une hygiène de vie plus saine, l’art du fait-maison, la préservation de la Planète. Lorsque l’on cherche à atteindre le culte de l’instant présent, des sensations, de l’écologie, du bio, on entre dans une première forme de consommation raisonnée. Toutefois, on peut accéder au minimalisme sans passer par toutes ces phases de prise de conscience. L’histoire de chacun est différente et c’est d’ailleurs formidable.

L'art du minimalisme - Elodie-Joy Jaubert

Le minimalisme, c’est donc reprendre sa vie en main, pour arrêter de consommer à tort et à travers, ne décider d’acheter que ce dont on a strictement besoin et se débarrasser de qu’on a de trop . Elodie-Joy explique parfaitement et clairement cette vision, et la sacralise au rang des potentiels principes du bonheur. Je cite quelques raisons , qu’elle évoque pour vous aider à choisir une pensée plus minimaliste dans votre vie :

  • Retrouver sa vraie valeur. Cela équivaut à ce que j’ai décrit plus haut. Vous pouvez posséder tous les luxes de la Terre, si vous êtes un co*****, vous en resterez un.
  • Faire moins de ménage. Avez-vous déjà songé à tout le temps que vous passez à ranger votre maison? A déplacer pour épousseter? A remettre en place…
  • S’enrichir sur le plan personnel. C’est ma culture des petits bonheurs ou comment prendre plus de plaisir à déguster un thé, lové dans un plaid que de tripoter un I-phone tout neuf, emballage cartons/plastiques compris.
  • Se sentir libre. Ne plus être aliéné aux derniers bidules à la mode, à l’envie du toujours plus, à la frustration du pas pouvoir.

Ces 4 piliers ne sont qu’un échantillon de tout ce que vous avez à gagner à embrasser une vie à la consommation juste. Pour la mise en bataille, l’auteure donne des procédures de passage à l’action. Elle explique les méthodes et les champs de guerre à déminer : salle de bain, garde-manger, bibliothèque, cadeaux, et même les souvenirs et la lourdeur du leg post-mortem.

Ce livre doit se vivre comme un manuel d’application et il possède une belle dose d’encouragement. Si vous ne savez pas comment appliquer le minimalisme dans votre vie, c’est le moment de vous munir de ce livre-guide d’Elodie-Joy Jaubert. Vous ne serez pas déçus.

Parce qu’entre nous, avez-vous réellement besoin de toute cette vaisselle bleue, du service à café rouge que vous ne sortez qu’une fois l’an avec la nappe assortie, et de cette tonne de couverts tous cassés et dépareillés?

Meik Wiking - Le livre du Hygge - Editions FIRST

2 – Le Livre du Hygge – Meik Wiking

Si j’ai fait le choix de parler de ces deux bouquins dans le même article, c’est parce que j’y vois un vrai lien. Le HYGGE, à prononcer HOU-GA, est l’art de cultiver le bonheur à la danoise.

Il est écrit par Meik Wiking, président de l’Institut de recherche sur le bonheur de Copenhague.

Alors celui-là, je l’ai vu partout depuis sa sortie en France. Pas mal de canards féminins, résumant le HYGGE en quelques points clefs : port des chaussettes chaudes et ambiances tamisées à la bougie. Sur la forme, c’est plutôt fidèle. Sur le fond, je trouve que ce livre mérite plutôt de recevoir le titre d’éloge du bonheur que manuel du parfait hygge pratiquant. Car disons le bien, même en pull dégingandé et moufles aux pieds, on peut se faire ch***, et passer un vrai moment pourri si on n’a pas compris le sens du HYGGE.

Bon alors, sur la forme, si vous entamez un nettoyage de votre espace de vie, il pourra vous aider à garder ou à racheter les essentiels à l’instauration du HYGGE dans votre maison.

L’auteur dresse une liste des ambianceurs de HYGGE : les bougies et les lueurs à la limite du crépuscule, le présence rassurante du bois, les plats roboratifs mijotés, les livres, le vintage school, les coussins dodus, les plaids, le gløgg, dont il livre la recette parmi d’autres. Il énonce cette qualité de l’essentiel minimaliste du HYGGE, privilégiant les biens de belle facture, et symboliquement beaux. Dans le minimalisme, on vous encouragera à posséder peu, mais de qualité, voir rares. Ici, il cite les lampes PH de Henningsen pour lesquels les Danois sont prêts à faire beaucoup de concessions afin de les acquérir. Ou encore la ruée vers ce vase Kahler de production danoise en édition limitée. Inutile de posséder 25 vases, un seul magnifique suffira.

Meik Wiking - Le livre du Hygge - Vase Kähler

Mais outre ces nécessités matérielles du HYGGE, on entre dans une ode à la culture de la lenteur et de la simplicité. SLOWLIFE. Il y a un passage très intéressant sur l’habillement hyggelige, qui se veut humble et comfy : leggings, pulls et cardigans tricotés mains, cheveux coiffé-négligé. Nul besoin de posséder 50 vêtements, à l’allure guindée et chère, pour lire un bon livre au coin du feu. Un ou deux pulls douillets suffisent. Le luxe et l’accumulation ne sont pas du tout hyggelige.

Les huîtres et le champagne ne sont pas hyggelige. Le chocolat chaud aux marshmallows, oui.

Bougonner seul dans sa voiture n’est pas hyggelige, rentrer tranquillement en vélo en confondant les belles lueurs de la Ville endormie, oui.

Une table dans un resto branché et bruyant n’est pas hyggelige. Un pique-nique informel sur une plage après le boulot le soir, en écoutant le ressac des vagues, oui.

Et pour cause, la base du hygge tient pour moi à un profond respect de son prochain et au souci de considérer l’autre en le faisant dépositaire de son bien-être. La présence de l’autre se veut rassurante, vectrice de lâcher-prise, de décontraction profonde, et donc de confiance. Meik Wiking précise que personne n’est invité à se dresser contre l’autre, à se considérer supérieur, à parler de son nombril pendant des heures. Et quoi de plus minimaliste qu’un contexte humain où personne ne met en avant ses possessions, mais plutôt son soucis de l’harmonie.

Le calme et le partage

Cette recherche de l’humilité semble visiblement habiter chaque habitant de ce pays. L’auteur met un peu cela sur le facteur temps déplorable, qui implique que la relation sociale doit être le moteur du bonheur, au détriment d’un ensoleillement soit-disant unique transmetteur de bonne humeur. Comme si, l’obligation de se tenir chaud resserrait inévitablement les liens entre les gens. Les Danois s’aiment les uns les autres et disent se sentir en sécurité dans leur pays.

La priorisation d’une vie simple et lente, l’entretien de la douceur de vivre, la notion de soutien social

Le premier chapitre parle de l’importance des relations sociales, car le Hygge ne s’envisage pas seul. Il invite à partager, à être dans le lien et la transmission de ces valeurs de connexion humaine. Par exemple, il parle de créer des ateliers cuisine entre amis, où tout le monde s’affaire en même temps.

Le dernier chapitre parle de bonheur, de gratitude, de lâcher-prise, de conscience de l’instant présent. Nous sommes d’accord que tout ceci ne s’achètera jamais en magasin ou en ligne. Se désencombrer et user du minimum vital sera une condition pour que vos pensées soient libres de se consacrer à la sérénité.

Meik Wiking - Le livre du Hygge

Bref, ce qu’on vous propose dans le HYGGE, c’est de vous retrouver VOUS, dans votre quotidien. Se ménager. Se faire du bien. Se faire plaisir. Profiter de l’amour des siens. Aimer la vie. Tous les jours.

Vous avez compris ce qu’est le HYGGE?

Et Meik Wiking de conclure avec cette maxime de Benjamin Franklin :

Le bonheur n’est pas le produit des grands coups de bonne fortune qui arrivent rarement, que celui des petits avantages et plaisirs qui ont lieu tous les jours.

Pour aller plus loin dans le Hygge :

Dans son livre, Meik parle de l’importance des activités DIY, à plusieurs mains, et notamment de la préparation de Noël avec les enfants. Il est donc question d’activité manuelle décontractante. Connaissez-vous les magasins Sostrene Grenes? Deux sœurs, Anna et Clara pratiquent depuis longtemps le DIY au quotidien, dans le but de créer du beau et de la joie. Ainsi l’idée est venue d’ouvrir des magasins, où l’on trouve une véritable ambiance douce et simple, où sont vendus des éléments tout aussi humbles de décoration, petits objets, et vente au détail de petits apprêts pour la création. Je vous assure que rentrer dans un de ses magasins, vous faits oublier le temps et l’espace.  Il y en a un à Lyon, à Nantes, à Metz, à Strasbourg et Paris. Nous avons parlé de minimalisme, et cette proposition ne vise à remplir à nouveau sa maison de choses inutiles, mais éventuellement de développer un goût pour les ambiances chaleureuses, ainsi que les occupations manuelles.

Pour voir du HYGGE, voici 3 comptes Instagram dont je raffole, à suivre pour la beauté des images et l’inspiration qui en découle :

  • Catarina sur son compte annacate: Je suis littéralement amoureuse de ses ambiances dosées à souhait, où règne beauté simple, élégance des couleurs sombres et temps suspendu.
  • Joanna Bradford sur le compte du même nom. Douceur, délicatesse, tonalités fraiches et lueur blanche que j’adore.
  • Joséphine, sur le compte toutsainplement. De Suisse certes, mais dont le mode de vie est so hygge, doux, lumineux, spontané et simple.

Prenez soin de vous

Nini

Meik Wiking - Le livre du Hygge

 

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