Bien-être psychologique

Pourquoi je n’irai pas voir « Mon Roi »? Pourquoi vous devez aller voir ce qu’est un pervers narcissique ?

28 octobre 2015
Image du Film Mon Roi - Maïwenn - &copy STUDIO CANAL

© : STUDIO CANAL

Oui, j’irai pas cette fois.

Je tomberai pas dans le panneau de l’attirance. Le panneau de cette soumission silencieuse dont j’ai pu faire preuve dans mon propre ex-couple pendant 12 ans. Je n’irai pas me bruler les yeux.

J’irai pas parce que je veux être heureuse et que je commence tout juste, tout juste, à retrouver la paix, malgré les questions, qui restent encore en suspens depuis novembre 2011. Depuis qu’on a posé les mots sur ce que je vivais. Depuis que la victimologue m’a dit : « Mais Madame, vous n’avez rien fait de mal, c’est vous la victime » (CHU Lyon Sud – Suite TS)

J’irai pas, mais vous, vous devez y aller. Pour me rendre cette justice que je n’aurai jamais, à moi et aux autres.

Je vais aborder un sujet hors contexte. Ni balades, ni découvertes touristiques, ni Bio, ni bon, ni relax and happy time. Je pense que je n’en parlerai qu’une seule fois ici, parce que je ne n’ai pas imaginé ce blog pour ça.

Cependant, je ressens le besoin de sortir de ma zone de confort parce que j’ai forcément des choses à dire sur ce sujet.

Je me rappelle d’un autre film : « Arrêtez-moi! » Un film bouleversant, que je suis allée voir en 2013, avec l’Homme. Un film avec Sophie Marceau, et Miou-miou. Sophie Marceau que j’aime d’amour, disons le bien.

Dans cette histoire, l’héroïne se rend au commissariat de son quartier pour se dénoncer. Elle aurait « assassiné » son mari. Mais cela fait presque 10 ans. 10 ans révolus, dans les heures, qui suivent. Il risque d’y avoir prescription. Il faut qu’elle paie son crime. Ce crime qu’elle a commis dans un instant tragique, où c’était lui ou elle. Elle va donc tenter de convaincre la commissaire de permanence, qui ayant compris son calvaire, fera tout pour gagner du temps. Je m’arrête là, pour ceux ou celles, qui souhaiteraient voir le film.

Ce récit est différent du mien, mais ça rejoint, tout de même, ma situation. Ce qui m’a frappée, c’est les extrêmes vers lesquels on peut arriver quand on se retrouve dans ces situations de survie psychologique et qu’on est tellement naïve et bonne qu’on en vient à culpabiliser d’avoir voulu s’en sortir.

Un film, où quand je suis sortie, je me suis encore demandée si je devais rester en vie, si ce type de relations humaines continuaient à exister, de peur de m’y casser le nez dessus à nouveau. Un film, qui m’a donné envie de hurler de douleur, à en perdre la voix.

Image du film "Arrêtez-moi" &copy Rézo Films

© Rézo Films

 

Alors voilà. J’ai lu les critiques des personnes, qui sont allées voir « Mon Roi » et qui ont vécu la réalité de la manipulation dans le couple. Il semble qu’elles s’y soient reconnues. Elles ont trouvé des similitudes avec leur situation. Enfin celles, qui ont pris conscience, car pour les autres, elles ne le comprennent pas encore. Peut-être jamais…

Je voudrais que les autres aillent voir ce que l’on vit

Si encore, c’est possible qu’ils puissent comprendre ce mécanisme, car je maintiens que lorsque l’on ne l’a pas vécu, on ne pourra jamais réellement piger.

Mais au moins, si cela pouvait permettre d’arrêter d’entendre des fadaises de merde, du type « Moi, je comprends pas comment on peut rester? », « Non, mais si elle reste, c’est qu’elle aime ça! », ou le pire, qui émanait d’un collègue, que je considère comme un véritable débile maintenant : « Mais s’il était comme ça, c’est parce qu’elle l’a provoqué, elle le cherchait »

Je cherchais le roi!

Je cherchais ouais. Je n’avais aucune chance. Est-ce que quelqu’un peut comprendre cela? Je n’avais pas le droit à la faute. Il faut savoir qu’on n’a aucune chance de s’en sortir. Quoique l’on fasse, ça n’est pas bon. Quoique l’on fasse, il fera une crise. Vivre dans la peur de la crise et en même temps vivre dans ce perpétuel espoir qu’un jour, on y arrivera. On arrivera à le rendre heureux. On aura un compliment. Parfois, il en faisait, et ça me faisait tellement de bien que mon amour grandissait. Il grandissait encore.

Et le cycle recommençait.

Mais pourquoi, ça ne s’arrête pas? Mais parce qu’on ne peut rien dire. C’est une personne parfaite. Parfaite sous tous les angles.

Toi, tu n’es qu’une merde! Tiens toi le pour dit! Tu n’es RIEN!

Il est sociable, blagueur, sympa, disponible, généreux. Il choisit ses fréquentations comme des faire-valoir. Oui, il faut le savoir. Son entourage n’est composé que de personnes, qui lui ressemblent, mais sur lesquelles il peut avoir de l’ascendant, et ce avec certitude. Je l’ai souvent entendu dire de ses propres amis, qu’ils étaient stupides. Pire, ceux, qui auraient de l’esprit ou de la clairvoyance sont des crétins, des mous, des chiants. Je pense que vous comprenez pourquoi? Ceux qui seraient suffisamment armés pour comprendre son fonctionnement et surtout le faire passer pour un con, il faut les éviter.

Briller passe par le pouvoir, le gain, les voitures, le sport, l’hygiène de vie, l’outrecuidance. En fait, c’est des connards, que tout le monde déteste dans le fond, mais personne ne vous le dit en temps et en heure. Personne ne se paie l’audace de vous dire que le boyfriend est un sacré con, qui a toujours la bouche ouverte, qui parle trop fort, qui se gausse, qui s’la raconte. A vouloir en balancer, il crée des jalousies, mais personne ne lui dit, car il est à la fois admiré et craint. Et lorsqu’il n’y a plus d’intérêt, il pousse hors du champ d’actions et s’acharne. C’est le jour et la nuit. Il brise. Il ne fait preuve d’aucune compréhension.

Aucune compréhension

Même son métier est aussi une prise de pouvoir caché. Ça n’est pas aider l’autre, qui l’importe, c’est l’écraser comme une merde. Donnez-lui un brin de rien, faites en un cadre ou un gradé, et le schéma se répercute au travail. Et s’il trouve un hiérarchique qui le contraint, cela devient la bête à abattre. Quitte a fomenter des coups en douce, avec ses comparses convaincus. Au point d’entendre, le jour où le gradé manque d’y passer, que c’est dommage qu’il soit encore en vie. Ou même mieux, qu’il n’est pas fini handicapé, car il aurait trouvé ça drôle. Évidemment ce type de propos est tenu uniquement en ma présence. En off! Là, où il sait que ça ne sortira pas. Devant les autres, on est louable ou on fait preuve d’un humour de merde dégueulasse, qui ne cache que des vérités.

Alors pour la compagne, c’est pareil. Faut pas faire tâche d’huile. Faut en foutre plein la vue, selon ses propos. Au point que même pour une soirée entre amis, je passais chez le coiffeur, j’allais faire les boutiques et surtout, surtout : « Tu ne parles pas trop ». Mais suffisamment pour ne pas faire potiche. Le corps et l’apparence deviennent un challenge, un sacerdoce. Une énième peur. Une phobie.

Et ça n’était pas que ça.

Savez-vous que j’ai tellement pleuré de peur que je m’en suis pissée d’ssus en sa présence? A plusieurs reprises, pour me prendre en retour : « Mais t’es folle, ma pauvre fille! Et puis, tu nettoies ». Comme cette fois, où il a défoncé la salle de bain à coups de marteau, parce que deux ans avant, j’avais mal fait le joint d’un carrelage. Et évidemment, une fois la crise passée, il m’a réclamé le seau pour ramasser. « Mais dépêche toi, putain, j’vais me faire mal! » Quand j’ai eu le courage d’en parler, au calme, il m’a répondu que c’était de ma faute, j’avais pas fait les choses correctement. « Ben oui, merde, pauvre conne que je suis! » : c’est ce que je me suis dit ensuite. Et j’ai ajouté que je n’étais pas assez vigilante. Il fallait que je fasse attention.

Savez-vous ce que c’est d’entendre qu’on ne comprend rien, et qu’on est une grande malade? De voir partir un gros coup de poing sur la table, qui t’arrache toutes les tripes d’un coup. Juste parce qu’on a émis l’idée que la CMU était peut-être une bonne chose pour les personnes défavorisées. Il est raciste et déteste l’indigence. Ceux, qui sont dans la merde ne sont que des abrutis. Est-ce qu’on l’aide, lui, hein? Non, il se fait seul (avec le porte-monnaie de maman et de grand-mère) Dans ces moments-là, on ne moufte plus d’une oreille! Parce qu’il a une force herculéenne. Et que s’il me frappe, je n’y survivrais pas. On retient ces putains de larmes, qui montent. On arrête de respirer, oui, et on se met dans sa bulle. « Ne respire pas, surtout, ne respire plus ». La cage thoracique se contracte, au point qu’elle devient concave et qu’elle ne bouge plus. Un filet d’air passe. Surtout ne pas trembler. Débarrasser le plancher, le plus vite possible, car il a dit : « Tu m’insupportes! »

Savez-vous ce que c’est d’aller chercher de l’enduit de rebouchage chez Leroy, parce qu’il y a un coup de poing de colère, qui est parti dans la porte? Et oui, je n’arrivais pas assez vite pour l’aider à monter son bureau et on ne peut pas compter sur moi. J’étais bonne à rien. J’étais en train de faire la cuisine, j’en ai plein les doigts, je peux pas venir. « Mais, tu vois bien que j’y arrive pas, là, tu vois pas, t’entends pas! De toute façon, tu ne fais jamais attention à rien! » Et rac, paf, le pied de la table se fracasse sur la porte, qui s’ouvre.

Savez-vous ce que c’est que de hurler de peur, dans la voiture, parce qu’il est en colère contre vous? Oui, on est allé à un anniversaire et je n’ai pas surveillé le chien. Un convive lui a donné du saucisson. « Mais putain, mais t’es conne ou quoi? Tu pouvais pas faire attention!!!! » Et de foncer à 100 k/h sur des routes de campagne. Et plus, je hurle de peur, plus il accélère. Et puis d’un coup, il pile, sur la BAU de l’autoroute, il sort. Il fait nuit, et il te dit : « Maintenant, tu prends l’volant et tu la fermes ». Alors, c’est emmerdant parce que tu trembles et que tu pleures, tu n’y vois rien et comme il dit souvent que tu conduis très mal, il faut faire attention.

Savez-vous ce que c’est de pleurer si fort qu’on en a mal à la tête, parce qu’il a été encore odieux? D’aller se cacher dans la penderie, parce qu’il dit : « Arrête de pleurnicher. De toute façon, t’es hystérique. Et puis, tu fais trop de bruit, j’entends pas la télé! » Alors, dans le noir de la penderie, on prend un coussin, et on étouffe les sanglots jusqu’à ce qu’il se calme, parce que là, dans le noir, tu te sens protégée. Je me soustrais de la vie, j’ai la sensation que je vais m’endormir, là, paisible, dans ma chaleur et que je ne me réveillerais plus.

Tout ceci ne sont que des bribes de 12 ans de couple. Chaque jour, chaque minute d’éveil, et même la nuit, je me rendais la plus disponible possible pour ne pas craindre les crises et les humiliations. Je dormais avec mon téléphone, je le tenais sur ma hanche en permanence. En réunion, avec mes copines. Partout. Il fallait que je sois disponible. Dans la seconde. Pour tout.

Un jour, je dois quitter le travail à 10h du mat’, parce qu’il est enfermé dehors en pyjama, avec le chien. Ma responsable ne veut pas me laisser partir. « Tu fais comme tu veux, mais tu te démerdes! C’est pas mon problème » J’ai réussi à rentrer, et je me suis faite allumer, je ne suis pas arrivée assez vite, y’a que 20 min de route. Et je ne vous dis pas à quel point mon cœur tapait ce jour-là. J’en ai même voulu à ma responsable pour son incompréhension. Il avait d’ailleurs conclu que c’était une grosse conne.

Il y a eu la fois, où je me suis faite pourrir de hurlements et d’insultes, par téléphone. Il m’a fallu changer de pièces pour que mes collègues n’entendent rien. Parce qu’il ne trouvait pas ……………… un t-shirt rouge. Je suis rentrée en catastrophe, avec la peur qu’il ait tout défoncé dans la maison. Nous ne l’avons pas trouvé. Enfin si, il l’a retrouvé au travail, le jour même. Et je me suis vu lui dire : « Super, je suis rassurée ». Nous parlons bien d’un t-shirt rouge.

Voilà, sa toute puissance. Il faut savoir qu’on se trouve dans un tel état d’angoisse permanente que l’on se met même à faire des choses hors du commun. Ou du moins, hors de toute raison. Pour ne pas qu’il crie. Pour ne pas qu’il soit déçu. Une bonne compagne doit être présente, n’est-ce pas?

Et puis, il me redit. Sans moi, tu n’es rien. Si je n’étais pas là, tu n’existerais pas. Si je n’étais pas là, tu ne pourrais pas te débrouiller seule. On finit par le croire, au bout d’un moment. Il parait que c’est un réflexe. On s’accroche de peur qu’il ne nous abandonne. Je saurai plus tard que c’était sa propre peur à lui. Et qu’il l’a transférée sur moi. En inversant les rôles, il était assuré que je ferai tout pour qu’il ne me laisse jamais. Il m’a fait du chantage financier et c’est une manipulation de dépendance.

Il me réclamait un enfant aussi, que je ne lui ai jamais donné. Très vite, au début, tout de suite, il en aurait fallu. Mais j’avais 20 ans, j’étais trop jeune. Alors après, ça a été un vice majeur chez moi. Je lui refusais ce point d’ancrage supplémentaire. Celui qu’il aurait voulu pour me tenir à vie. « Tu as des problèmes avec la maternité, tu es une gamine, tu n’as pas grandi ». J’étais bonne à rien encore. C’est la seule victoire, que j’ai réussi à maintenir jusqu’au bout et je crois d’ailleurs que c’est ce qui m’a fait aussi partir. A 30 ans, je n’arrivais plus à trouver d’excuses pour ne pas en faire. En fait, je ne voulais pas lui faire de bébé, car je ne voulais pas qu’il soit aussi impitoyable avec lui qu’il ne l’était avec moi. Je ne pouvais pas infliger ça, à un enfant.

Affiche du film "Mon Roi" Maïwenn

Et le jeu est sans fin, entre brimades et attentions. Parce que quand j’en avais, c’était des attentions sublimes. Il m’a demandé en mariage, dans un hélicoptère privatisé. En ayant pris soin de prévenir tout le monde. Belle-famille et amis. Et finalement avec du recul, c’était pas pour me traiter comme une princesse, c’était pour en foutre plein la tronche à tout le monde. Précisons que je n’ai pas été bonne à marier pendant 10 ans. Puis un de ses meilleurs potes l’a fait, alors il fallait bien redresser la barre, son ego en avait pris un coup.

C’est un fait, ça d’ailleurs, dès qu’il avait l’égo piqué, et c’était finalement souvent parce que comme tout être humain, il avait des failles, le souffre douleur, c’était ma gueule!

J’étais responsable de sa vie de merde, j’étais peu ambitieuse, je comprenais pas le français, j’étais lente, j’avais peu d’amies parce que j’étais pas intéressante et le peu que j’avais, c’était des bécasses ras-les-pâquerettes! Des pauvres filles! « Celle-là, j’veux pas la voir ici! »

Toute ma famille, je n’en parlerai pas pour ne pas les blesser.

Et jamais, à aucun moment, je ne lui ai répondu : « Mais tu t’es vu? T’es un idiot, qui ne réussit que par opportunisme! T’es con comme la lune, t’es bête à manger du foin! Tu n’es qu’une esbroufe et ce que je vois, moi, c’est un pauvre tocard, un malade »

Il était menteur en plus. Il racontait des craques sur tout. Son lieu de naissance – et il prenait la mouche quand ceux qui savaient lui faisaient remarquer. Son hygiène de vie healthy : monsieur aurait fait 100 pompes non stop en 2 min. Moi je pouvais dire que c’était faux. Je le voyais.

Et tout le monde de le croire en permanence, tout le temps. De lui donner de l’importance. De nourrir sa soif de reconnaissance. Remarquez que là, j’étais tranquille.

Si vous saviez le nombre de fois, où j’ai ouvert la fenêtre de la chambre conjugale et que j’ai regardais le sol. Du haut de ce troisième étage. « Mais saute, bordel, saute. Ça sera fini. » Et je m’en voulais parce que je n’y arrivais pas.

Celles qui savent me comprendront, elles sauront de quoi je parle.

Quand j’ai ouvert les yeux, c’est lorsque nous avons fait une retraite religieuse pour notre mariage. Là, il y avait de vrais couples. Des gens, qui s’aiment en dépit de tout. Et quand je lui ai dit, lors de l’atelier « communication dans le couple » qu’il me criait trop de dessus, que tout était pour lui, que je n’avais pas droit à la parole, il m’a répondu que si je faisais ce qu’il demandait, on aurait pas autant de problèmes et que je devrais aller voir un psychologue car j’étais fatiguée.

Quelques mois plus tard, je suis partie.

Et là, sa colère a été dévastatrice. Les gens se sont rendus compte, car il a fauté à plusieurs reprises, s’est montré violent, agressif, égoïste, menteur, petit, vil, ingrat, et cupide!

J’ai pris des secousses encore plus fortes, je n’avais finalement rien vécu avec lui. Le pire était là : j’ai pris conscience et j’ai commencé à comprendre. J’ai rencontré des spécialistes de la psychologie. Une victimologue. Des médecins. Une avocate dure, mais géniale. Les gendarmes. J’ai trouvé des amies, j’en ai perdu d’autres, mais finalement j’ai fait un super tri.

J’ai lu un livre : J’ai aimé un pervers de Mathilde Cartel, Carole Richard, Amélie Rousset. Je me suis abonnée à la page FB du même nom.

J’ai regardé avidement des vidéos et notamment celles de Geneviève Schmit sur sa chaine Youtube.

IL A FALLU SE BATTRE CONTRE CETTE IDÉE

J’ai été usurpée, manipulée, humiliée, réduite. J’ai supporté des heures de tensions terribles. Je me demande comment je suis encore en vie. Comment j’ai pu tenir. Je le dois uniquement à mes parents, et à ma situation familiale. Oui, Maman, ce qui m’a tenu en vie, c’est vous et Sandra. J’ai finalement lâché prise quand elle est partie. C’est ce qui fait que je refermais la fenêtre quand j’avais envie d’en finir.

Et j’arrête là pour la parenthèse sentimentale parce que c’est pas l’objet de ce post. Je n’ai même pas envie qu’on me plaigne. Ni les autres d’ailleurs. On a pas besoin de compassion, on a déjà assez honte toute seule. J’aimerai que les gens comprennent pour arrêter d’être prise pour des idiotes sans cervelles, qui aiment se faire torturer.

Je ne sais pas comment les autres ont tenu?

Je ne sais pas comment celles qui le vivent tiennent à ce jour?

Un goût profond pour la vie surement. Malgré le fait qu’on ne s’aime pas beaucoup. Parce que c’est là notre problème. On ne s’aime pas. Je l’ai écrit ici parfois, je me suis détestée beaucoup, fort, longtemps.

Et avec ce trouble en plus, c’est la confiance en soi, qui prend. Pourquoi?

Parce qu’on a été manipulée? Parce qu’on a la sensation d’avoir donné pour rien. D’avoir donné alors qu’on n’était pas aimée. C’est dur de comprendre que les pervers narcissiques ne sont pas en capacité d’aimer. Il le croit à leur stade, mais ils ne le peuvent pas.

On m’a parlé de mécanisme d’autodéfense, de blessures de l’enfance. On a tenté de m’expliquer ce qu’il était, pourquoi il réagissait ainsi. Mais c’est presque le comble. C’est comme dire à une mère, dont l’enfant est poignardé en pleine rue que l’auteur du crime n’a pas conscience du mal qu’il fait. C’est même pas audible. C’est même pas pensable. Plaider la folie, une enfance triste, un mère fusionnelle, un inceste, un viol. Quelles raisons peuvent pousser des hommes à ne répandre que le mal. A abuser de la confiance et de la vie d’une personne aimante? Aucune de ces circonstances. Aucune excuse.

Des hommes et des femmes d’ailleurs. Des parents. Des amis. Des collègues. On s’aperçoit que ce genre d’allumé(e)s sont présents partout. Et là, la vie bascule parce que vous vivez dans la hantise de retomber dessus. Tout est analysé, le mot confiance ne peut même plus exister dans le dictionnaire.

Imaginez vous que l’on vous dise que ce qui vous arrive, c’est issu de l’amour que l’on ne porte pas. C’est encore le poids d’une énième culpabilité!

Finalement le message de ce billet serait peut-être le suivant :

♥ AIMEZ-VOUS ♥

En revanche, je souhaite aussi revenir sur l’aide. Cette fameuse aide dont les gens veulent faire preuve par voyeurisme. Et puis, quand j’en parle, il y a ceux, qui me disent, gauchement : « Arrête d’en parler parce que c’est le faire grandir, c’est lui donner de l’importance ». Ben et moi, alors? Merde? Et moi? Ce que je dis ne compte pas? Pourquoi je devrais garder le silence? C’est quoi cette philosophie du dénie du malheur d’autrui?

Laissez les gens parler de leur souffrance et si ça vous saoule, passez votre chemin. Mais ne leur mettez pas dans la tronche qu’il faut passer à autre chose.

Avez-vous conscience de cela? On ne peut pas. Quand j’en parle, je n’ai pas envie d’entendre que mon histoire saoule. J’ai donné 12 ans de ma vie à ce malade. Il m’en faudra certainement autant pour oublier. Parce que je vis, je respire, j’ai des souvenirs. Parce qu’il y a encore des instants refoulés, qui remontent. Et que je peux pas les contrôler. Parce que je lutte toute seule. Personne ne peut m’aider. Hormis un psychologue. Et encore.

« Passe à autre chose! »

C’est pire qu’une baffle dans la gueule. Je ne peux pas. Mon comportement, ce que je suis aujourd’hui est le fruit de ses années de torture psychologique. Je ne radote pas, je prends encore conscience parfois. J’ai des peurs aussi. Parce que j’avance, figurez-vous, comme toutes celles touchées par ce fléau. On avance quand même. Si ça n’était pas le cas, on aurait pas décidé de partir, on y serait restée.

Alors se faire sabrer comme ça, c’est juste incompréhensible.

Ah si, y’a aussi la réflexion : « Oui mais toi, c’est moins pire, il ne t’a pas battue ». Ah oui. Surement. Un homme, qui bat sa femme, peut la tuer. Un homme, qui la torture psychologiquement la pousse au suicide. La finalité est la même. J’ai en horreur les hommes, qui ne respectent pas les femmes. Les moyens, je m’en fiche. Mais c’est pas moins pire parce qu’on a pas pris une poêle dans la tronche.

Alors voilà, pendant un moment, j’ai écouté, compris, j’ai eu mal de comprendre. J’ai flirté avec toutes ces notions. Je voulais m’engager dans une association. Et puis, je me suis rendue compte que mon salut à moi, c’était de me tourner vers de nouveaux horizons.  Choisir le lumière. La méditation. Le bonheur. C’est pas facile, et j’ai des séquelles. Peut-être que certaines ne guériront jamais. Mais c’est pas grave, ça sera ma vie et ça sera MOI.

Je voudrais dire à toutes mes consœurs, que je les aime fort et qu’elles soient fortes, comme elles l’ont été dans ce combat quotidien.

Je voudrais leur dire que je sais, qu’il n’y a pas de chemin de l’oubli. Que le chemin de l’acceptation est long. Ça fait que 4 ans et je me sens encore triste et j’ai toujours cette sensation de viol, qui me traine dessus. Et que parfois, j’ai de la violence en moi, ça me fait mal aux mains, et que ça veut pas dire que je suis devenue comme LUI. C’est juste la rage qui sort. C’est de la rage de vivre.

L’Homme le sait, il me voit faire parfois. Et ça restera entre nous deux d’ailleurs. Je peux juste lui dire que je l’aime et que je remercie sa patience. Et il pourrait vous le dire, parfois, il ne comprend pas tout, mais il est là.

Je voulais dire à mes amies qu’elles sont géniales.

Je n’irai pas voir ce film, car j’ai décidé d’être heureuse

Je ne chercherai plus de roi

Si vous n’avez pas le temps d’aller voir le film, vous pouvez regarder cette vidéo : Fred et Marie

Belle soirée à tous

Nini

Détails de l'affiche du film "Mon Roi" Maïwenn

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11 Commentaires

  • Répondre babouche 30 octobre 2015 à 10:53
    Maintenant il est le Roi d’une autre.
    Oublié ? Pas possible d’effacer cette cicatrice, mais elle se referme petit à petit pour ne laisser que le meilleur pour continuer à Vivre.
  • Répondre manini26 31 octobre 2015 à 8:26
    : Oui, c’est cela, il est le roi d’une autre, qui aura mal un jour. Et le cycle continuera. Il fera des cicatrices partout. Je me demande comment il est sera possible d’enrailler la machine. Moi je suis sauve, mais les autres?
  • Répondre Manu 31 octobre 2015 à 9:24
    Un article perso très poignant, et peu importe que tu t’ écartes un peu de ta ligne editoriale habituelle. Je trouve ton récit touchant et en même temps plein d’espoir, car tu as su le quitter, et dieu sait à quel point c’est difficile de se libérer de l’emprise d’une telle personnalité.
    Tu soulignes très justement toute l’horreur des maltraitances psychologiques, qui ne sont pas moins dangereuses que la violence physique. Je les trouve plus insidieuses encore, car les cicatrices qu’elles laissent ne sont pas directement visibles, et qu’elles sont jugées bien plus subjectivement : il est communément admis que frapper sa femme n’est pas tolérable, mais quelle est la limite entre une dispute ou un reproche mal vécu par une compagne trop sensible, et une violence psychologique quotidienne et répétée ?
    Je pense même que dans certains cas les victimes n’ont pas conscience d’être victime, toute la puissance du pervers narcissique étant de les persuader qu’elles ne sont effectivement pas à la hauteur.
  • Répondre manini26 1 novembre 2015 à 9:05
    : Merci ma manu. Tu as une réflexion très juste sur ce contexte. On réalise un jour, comme ça, sans vraiment comprendre pourquoi ça ne va pas et l’instinct de survie fait alors son œuvre. C’est finalement une retraite spirituelle, qui m’a ouvert les yeux (Qui aurait pu penser que ça soit la religion, à mon niveau d’ailleurs, moi qui n’ai jamais vraiment cru en Dieu). Mais si on n’a pas ce déclic, comment faire? C’est bien cela, qui me travaille le plus. Celles et ceux, qui sont dedans.
  • Répondre Dom 1 novembre 2015 à 9:56
    Mais maintenant l’Homme (comme tu l’appelles) est là, il sait ce que tu as vécu, il faut avancer avec lui et ne plus t’autodétruire. Soyez positifs ensemble, tu en as besoin, et lui aussi…
    Bises
  • Répondre manini26 1 novembre 2015 à 12:08
    : Oui, je suis dans une vraie démarche de développement personnel positif, que je compte d’ailleurs partager ici, tout bientôt. Des astuces, des idées, des petits bonheurs en pagaille. Et l’amour en fait partie. C’est un des meilleurs remèdes. 😉
  • Répondre Mademoiselle Clef 1 novembre 2015 à 10:14
    Waou ! J’avais réellement envie de voir ce film pour essayer de comprendre tous ces mécanismes et toutes ces questions que tu as posé au début de ton article ! Mais avec ce que tu as écrit, je crois que je vais me précipiter au cinéma dès cette semaine. Effectivement, je suis comme beaucoup de monde à ne pas comprendre comment on peut rester, comment on peut supporter cela… Et je pense que je vais regarder le film avec Sophie Marceau également ! Merci pour tout ça !
  • Répondre manini26 2 novembre 2015 à 11:29
    : Je serai curieuse que tu reviennes me dire ce que tu en as pensé. Ce que tu as perçu. Si tu as l’occasion de voir ces deux films, n’hésites pas à revenir me laisser un mot ici. Belle journée à toi. Delph.
  • Répondre Marion 28 décembre 2015 à 4:24
    Bonjour Delphine,
    Merci pour cet article extrêmement bien construit.
    A l’heure d’aujourd’hui je ne serais pas en dire autant.
    Comme quoi, le hasard de mes lectures m’a fait tomber sur ton article. Je dois dire que je m’y reconnais un peu. Non pas dans une relation amoureuse, mais professionnel. Je passe par ces étapes, ma chance est d’avoir été avertis à l’avance de ce caractère bien particulier…
    Mais pourtant, j’ai cru que ça aller être différent avec moi. Je sais aujourd’hui que non. Heureusement j’ai compris que l’on ne pouvait rien attendre de ce genre de phénomène… Je crois que tout repose là dessus, dans mon cas. Il ne faut surtout pas que je fonde d’espoir dans ce job, et que je ne cherche plus trop à faire mes preuves (je suis pourtant de nature perfectionniste!). Puisque, de toute façon, ça n’ira jamais. Mais encore une fois, je me sens chanceuse d’avoir été avertis de la pathologie de cette personne, dire comment serait un peu compliqué. Malgré moi, je remarque que je dois devenir calculatrice pour tenter de tenir encore un peu. Mais la seule solution sera de partir, personne ne peut contrer un pervers narcissique. Je me demande même si l’on peut guérir ? Cette période de travail se termine dans 1 mois et demi, je vois le bout.
  • Répondre manini26 28 décembre 2015 à 4:32
    : Courage ma Belle. Si tu sais, ça permettra de tenir. En revanche, cela n’empêche que la déconvenue est toujours difficile malgré tout. D’autant plus, si tu avais mis des espoirs dans ce travail.
    Surtout, n’hésites pas à revenir sur ce que tu as vécu. Même si tu savais, même si on t’avait prévenu, même si tu t’es aperçue, il est important de dire ce que cela aura occasionner chez toi, et notamment une sorte de défiance automatique envers les gens, ou peut-être tes futurs employeurs.
    Je te souhaite que tout ceci se termine le plus rapidement possible et que la pression retombe.
    A très vite, si tu veux.
    Delph
    • Répondre Rionmaë 28 décembre 2015 à 4:35
      Merci beaucoup ♥

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